Majuscule minuscule, comment savoir ?

Majuscule minuscule, comment savoir ?

Majuscule minuscule, la question se pose souvent dans la langue française. Avant de nous pencher sur le bon usage de la lettre majuscule en français, connaissez-vous la majusculite et la minusculite ? Les lettres françaises majuscules et minuscules ne peuvent pas être indifféremment employées, mais elles doivent être choisies en fonction des règles.

 

La majusculite, stop à l’abus de majuscules !

L’abus de majuscule est considéré comme une faute de français. Ne nous prenons pas pour les Allemands qui débutent tous les noms communs par une majuscule. Les majuscules en français doivent toujours être justifiées.

Si vous pensez que la lettre majuscule en impose et met en valeur un mot, son abus, au contraire la banalise et lui fait perdre tout son sens. Vous ne devez utiliser la majuscule que lorsque les règles de la langue française l’imposent.

 

La minusculite, la maladie des snobs

Si l’utilisation de la majuscule en lieu et place de la minuscule est une faute, le contraire l’est aussi. Pire, c’est une faute de goût !

Les adultes affectés par la minusculite écrivent sans complexe que victor spountz qui habite dijon envisage de passer ses vacances en vendée, avant de se rendre en norvège.

Quel superbe mépris des conventions ! Cette prétentieuse minusculite est un snobisme de faux esthète qui date du dadaïsme, mouvement intellectuel, littéraire et artistique du début du XXᵉ siècle. Tout a commencé par un canular de ses adeptes qui professaient avec humour que tous les mots sont égaux et que le privilège de la majuscule devait être aboli.

Les dadas avaient ainsi pris l’habitude d’imprimer leurs proclamations sur du papier d’emballage. Leurs écrits se chevauchaient en tous sens, mais il ne s’agissait là que de dérision. Ils poussaient même le vice en utilisant la majuscule, mais pour glorifier la dernière lettre du nom. Ainsi, ils mentionnaient victoR hugO ou alphonsE allaiS.

Cette manière provocatrice doit être considérée pour ce qu’elle fut à son époque, « une farce d’atelier que les snobs, qui sont toujours graves et ne savent pas sourire, ont pris pour argent comptant et qui s’étend aux titres génériques des émissions de télévision qui se veulent culturelles. Ce n’est pas une élégance, mais un héritage de jobarderie compliqué d’une faute d’orthographe ». (Robert Ricard, Vie et Langage, 1966)

Victor Spountz habite toujours Dijon. Il a prévu de passer ses vacances en Vendée, avant de se rendre en Norvège.

 

Majuscule minuscule : mode d’emploi

 

Voici maintenant un exposé détaillé pour savoir quand mettre une majuscule et quand lui préférer une minuscule.

Notez au passage que vous devez mettre un accent sur majuscule. Vous comprendrez pourquoi utiliser des majuscules accentuées en lisant ce court article.

 

La majuscule en début de phrase : la majuscule et le point

Chaque phrase débute par une lettre en majuscule. Par extension, après un point, on recommence la phrase avec une majuscule. On utilise aussi une majuscule après un point d’exclamation, sauf lorsqu’il suit une interjection.

Hélas ! la neige n’était pas assez abondante.

La neige n’était pas assez abondante ! Nous n’avons pas pu skier.

En revanche, il n’y a pas de majuscule après deux points, ni après un point-virgule. Dans les énumérations, vous pouvez comprendre la raison de l’usage après les deux points et le point-virgule de la majuscule ou minuscule dans cet article.

À noter

 L’abréviation de « et cætera », etc. peut être suivie de différents signes de ponctuation. Si elle est par exemple suivie d’une virgule, la phrase continue avec une minuscule.

J’ai trouvé sur le marché des citrons, pamplemousses, oranges, etc., ainsi que des melons.

Si etc. termine la phrase, le point qui indique qu’il s’agit d’une abréviation se confond avec le point qui termine la phrase et n’a pas à être doublé. La phrase qui suit débute normalement par une lettre majuscule.

J’ai acheté tous les légumes de saison : des tomates, des haricots, des petits pois, etc. J’ai fait une bonne affaire.

 

La majuscule dans le domaine géographique

Il faut mettre en majuscule la première lettre des appellations géographiques qui concernent les noms de continents, pays, régions, départements, montagnes, mers, lacs, cours d’eau, etc. En revanche, les qualificatifs qui décrivent l’endroit sont écrits tout en minuscule.

L’océan Atlantique, le lac Léman, le golfe Persique, la tour Eiffel, mais la France méridionale ou la France basque.

Les adjectifs prennent cependant une lettre majuscule lorsqu’ils font partie du nom.

La Basse-Normandie, la mer Morte, la Haute-Loire, le mont Blanc, le lac Salé.

Les appellations géographiques devenues nom commun

Les appellations géographiques devenues nom commun débutent par une lettre minuscule.

Un camembert, un havane ou du comté.

 

La majuscule nom propre, surnom, prénom, etc.

Les prénoms, surnoms et les noms de famille prennent toujours une majuscule. Lorsqu’un adjectif ou un nom commun est utilisé comme surnom ou fait partie du nom, il est aussi écrit avec une majuscule.

Alexandre le Grand ou Georges Clemenceau, dit le Tigre.

Les noms de dynasties

Les noms de dynasties sont considérés comme un nom de famille en majuscule.

Les Capétiens, les Bourbons, les Valois.

Les noms des habitants d’un pays

Les noms des habitants d’un pays sont toujours écrits avec une majuscule. En revanche, il ne faut pas confondre avec l’adjectif ou le nom commun qui, lui, s’écrit avec une minuscule.

Un Allemand, marié à une Française, qui aime les peintres italiens peut préférer la cuisine française, même lorsqu’elle est servie dans un restaurant suisse, en Belgique.

Les noms passés dans le langage courant

Certains noms propres deviennent avec le temps des noms communs et dans ce cas abandonnent leur majuscule.

On dira d’un hypocrite doublé d’un menteur qu’il est un tartuffe, en hommage au personnage de Molière. Au féminin, on pourrait parler de sainte-nitouche, toujours en minuscule, en hommage à la Saincte Nytouche (sainte qui n’y touche pas), en référence cette fois-ci à Rabelais et son Gargantua.

 

La majuscule pour les noms d’étoiles, planètes, divinités, signes du zodiaque, fêtes, rues, monuments, vaisseaux, œuvre d’art, etc.

La première lettre de ces mots est en majuscule.

Sirius, Uranus, la Providence, la Toussaint, Noël, le signe du Capricorne, la rue du Sabot, l’avenue des Pins, le Colisée, le Titanic, l’Angélus de Millet.

 

Les noms d’institutions, de sociétés savantes, religieuses ou politiques

La première lettre minuscule ou majuscule dépend si l’on parle de l’institution (en majuscule) ou d’un lieu (en minuscule).

L’État, l’Église, le Sénat, l’Assemblée nationale, l’Académie française, la Légion d’honneur, ministère de l’intérieur.

L’état des finances, mais les finances de l’État.

L’Église désigne l’institution, alors que l’église de Dole correspond au bâtiment. Les Dominicains concernent l’ordre, mais il s’agit d’un couvent de dominicains.

Le mot saint ne prend pas de majuscule pour désigner une personne, comme saint Paul, sauf Saint Louis. Le mot Saint prend une majuscule lorsqu’il fait partie d’un nom de famille, de lieu ou d’événements.

La rue Saint Jacques, la place Saint Marc, les feux de la Saint Jean.

 

La majuscule des noms de points cardinaux

Les points cardinaux désignant des régions géographiques particulières prennent des majuscules.

Les pays de l’Est, les départements de l’Ouest, les gens du Midi, les vins du Sud-Ouest, le pôle Nord.

 

La majuscule pour les dates et les faits historiques

Les jours de la semaine et les mois de l’année ne prennent pas de majuscule, sauf lorsqu’il s’agit d’une date précise.

Le Jeudi Saint, la révolution d’Octobre, la Première Guerre mondiale.

Les périodes historiques prennent des majuscules.

Le Moyen Âge, l’Antiquité, le Tertiaire.

 

La majuscule pour les noms de fonction, titres et dignités

Les noms des fonctions et titres demeurent en minuscules lorsque l’on évoque la fonction : le maire, le préfet ou le président. Cependant, ces titres prennent une majuscule dès lors que l’on s’adresse à la personne, car on peut considérer que la fonction remplace le nom.

Je vous écris, Monsieur le Maire, Messieurs les Conseillers municipaux et Madame la Présidente, pour vous informer que j’ai rencontré Sa Majesté la semaine dernière.

Sa Majesté ou Votre Sainteté, car les titres honorifiques s’écrivent avec une majuscule.

 

La majuscule pour les noms d’organisations, ministères, associations, etc.

Les noms d’organismes lorsqu’on en parle en général ne débutent pas par une majuscule.

Le conseil municipal, le musée, le collège, la mairie de Rennes, la cour d’appel de Dijon.

Ils prennent une majuscule lorsqu’il s’agit d’un organisme spécifique.

Le Conseil de l’Europe, la Bibliothèque nationale.

 

La majuscule pour les noms d’acronymes et de sigles

Pour les acronymes (sigles pouvant être prononcés comme un mot), seule la première lettre prend une majuscule.

L’Unesco, la Nasa, l’Onu.

Pour les sigles (abréviation composée à partir des lettres initiales d’un ensemble de mots), il faut tout écrire en majuscule.

Une ONG, la SNCF.

Les sigles devenus noms communs s’écrivent tout en minuscule.

Un ovni, le sida.

La majuscule pour les titres et les sous-titres

La règle pour les titres et les sous-titres est assez complexe et je vous conseille de lire le détail dans l’article qui est dédié à ce sujet.

Ci joint : accord et orthographe de la locution

Ci joint : accord et orthographe de la locution

Ci joint, accord ou pas accord ? La réponse est parfois oui, parfois non, parfois oui et non ! La langue française est soumise à des règles qui comportent toujours des exceptions, afin de pimenter la vie des auteurs, l’Académie Française y veille !

Notez que les règles d’accord de ci joint, ci annexé et ci inclus sont les mêmes. Pour les orthographier correctement, il est d’ailleurs impératif d’utiliser un trait d’union : ci-joint, ci-inclus et ci-annexé.

La facture est-elle ci-joint ou ci-jointe ? Ci-inclus ma photo ou ci-incluse ma photo ? La liste de mes tableaux est-elle ci-annexé ou ci-annexée ? Si nous n’utilisons pas souvent ci-inclus et ci-annexé, ci-joint parsème très régulièrement nos courriels – et parfois encore nos courriers postaux – raison pour laquelle vous devez en connaître l’accord.

Voyez ci-dessous (pas de problème d’accord ici !) les trois cas possibles, afin de ne plus vous tromper sur l’accord de ci-joint et des autres locutions.

 

Ci-joint accord invariable

Lorsque ci-joint est utilisé comme un adverbe, il demeure invariable. Cette locution adverbiale est forcément placée devant un groupe nominal ou en tête d’une phrase sans verbe.

Ci-joint mes photos d’identité.

Ci-joint ma lettre de motivation.

Ci-joint peut également si situer au beau milieu d’une phrase et rester invariable, mais à la condition qu’il soit placé immédiatement avant ce nom. Cela signifie que le nom doit être utilisé sans déterminant.

Je vous envoie ci-joint copie de mon passeport.

Vous trouverez ci-joint quittance de votre loyer.

Veuillez trouver ci-joint photocopie des relevés topographiques de la route nationale.

 

Ci-joint accord en genre et en nombre

Lorsque ci-joint devient épithète

La locution ci-joint peut posséder la fonction d’épithète. Elle est alors considérée comme une locution adjective et suit immédiatement le nom auquel elle se rapporte. Dans ce cas, ci-joint s’accorde en genre et en nombre.

Ne communiquez à personne mon adresse ci-jointe.

La photo ci-jointe est une pièce de collection.

Vous devez remplir les formulaires ci-joints.

 

Lorsque ci-joint est attribut du sujet

Ci-joint peut prendre la valeur d’attribut du sujet. Cela signifie qu’il exprime une manière d’être ou une qualité qui se rapporte au sujet. L’attribut du sujet est attaché à celui-ci par un verbe d’état : être, sembler, rester, demeurer, paraître, etc. Vous ne pouvez pas supprimer un attribut du sujet, sinon, votre phrase n’a plus de sens.

Lorsque ci-joint est un attribut du sujet, il s’accorde en genre et en nombre.

Votre lettre est ci-jointe.

 

Lorsque l’accord ci-joint n’est pas fixé

Il arrive que vous ayez le choix d’écrire ci-joint de différentes manières. C’est le cas lorsqu’il est employé devant un nom précédé par un article ou tout autre déterminant numéral ou possessif.

Dans cas, vous pouvez ou non accorder ci-joint.

1 – Vous trouverez ci-jointe la photo que vous m’avez réclamée.

2 – Vous trouverez ci-joint la photo que vous m’avez réclamée.

Dans le premier cas, « jointe » se rapporte à l’article « ci ». Dans le second cas, « joint » fait lui-même office d’article. Vous choisissez l’orthographe que vous préférez.

Historiquement, ci-joint s’accordait dans ce cas. L’influence du langage administratif et la tendance à l’invariabilité, autant qu’au laisser-aller, ont engendré cette tolérance qui permet de ne pas accorder ci-joint et de ne pas considérer la formule comme fautive.

Point de suspension, et cetera, et cætera, etc.

Point de suspension, et cetera, et cætera, etc.

Le point de suspension et la locution latine et cætera, abrégée en etc. n’ont pas (souvent) la même signification. Voici les indications pour les utiliser à bon escient et pour ne pas hésiter sur leur usage et leur ponctuation.

Le point de suspension

Les points de suspension marquent une interruption du sens qui peut prendre diverses formes.

 

La signification des points de suspension

Les points de suspension – toujours au nombre de trois – sont utilisés dans diverses situations.

L’énumération

Les points de suspension servent à mettre fin à une énumération qui pourrait se prolonger. Elle est ainsi arrêtée arbitrairement, afin de ne pas surcharger le texte de manière lassante.

Adieu veau, vache, cochon…

L’invitation au rêve

Lorsque les points de suspension terminent un paragraphe, un chapitre ou un livre, ils représentent une invitation à prolonger le texte par la réflexion intérieure. L’auteur laisse sa pensée en suspens et invite son lecteur à imaginer la suite.

Il hissa la grand-voile et mit le cap sur les îles Galápagos…

La réticence

Les trois points de suspension sont utilisés pour exprimer la réticence. Il s’agit alors d’une figure de rhétorique qui consiste à s’arrêter avant d’avoir achevé l’expression de sa pensée, en laissant entendre ce qui n’est pas dit explicitement. L’auteur laisse au lecteur le soin de compléter sa phrase.

On peut comparer la réticence à l’aposiopèse dont les racines grecques évoquent un silence brusque.

– Ce gâteau a une odeur étrange, non ? Il sent la…

– Non, c’est kloug !

L’indécision

Lorsqu’il s’agit de marquer l’hésitation, les trois points de suspension reflètent l’état d’esprit de l’auteur.

« Un jour il dit oui… un jour il dit non… Un jour, c’est noir… un jour c’est blanc… Cet homme ne serait-il pas normand ? »

L’hésitation

L’hésitation est proche de l’indécision, mais elle est le plus souvent involontaire.

« Je… je ne sais plus où j’habite. »

La rupture syntaxique

L’utilisation des points de suspension peut traduire les hésitations et les incohérences syntaxiques du style parlé. On les retrouve fréquemment dans les transcriptions.

« Je crois qu’il est… enfin non, j’ai vu qu’il était… j’ai eu peur en le voyant, car je l’ai cru mort. »

Le respect des convenances

Dès lors que l’auteur veut éviter de citer un nom ou un mot, il peut utiliser les trois points de suspension.

« M…, si haut qu’il siège, ne sera jamais assis que sur son c… »

La tenue exigée par la mélodie

Les points de suspension servent à « faire entendre » une mélodie.

Allons enfants de la Patri…i…e, le jour de gloire est arrivé !

Notez que dans ce cas, le dernier point de suspension n’est pas suivi par un espace, car il s’agit de terminer le mot.

Souligner l’interruption dans un récit

Les points de suspension permettent de souligner l’interruption d’un développement en terminant un paragraphe avec trois points, puis en débutant le paragraphe suivant avec trois nouveaux points de suspension.

Je savais que j’étais trop énervé pour m’endormir. Je sais que si je pense trop, je ne peux pas dormir…

… Je me suis réveillé soudainement, il faisait nuit noire.

L’interruption au milieu d’un mot

L’interruption au milieu d’un mot est fréquente dans un dialogue. Les points de suspension indiquent qu’un interlocuteur est interrompu ou que plusieurs personnages parlent en même temps.

– Vous voulez parler du cach…

– C’est bien lui, Moby Dick, le cachalot blanc.

L’interruption d’un thème pour passer à un autre

Les trois points de suspension permettent de sauter du coq à l’âne. Cette interruption peut prendre place au sein d’une phrase, mais aussi au milieu d’un mot.

« Je me suis retrouvé dans ma chambre d’enfant… Le sentiment de nostalgie n’est jamais très éloigné lorsque le passé refait surface. »

Le passage d’une page à une autre

Lorsqu’un texte est continué à la page suivante, il est possible de l’indiquer en bas à droite de la page, de cette manière : …/…

L’exception

Il existe une exception pour laquelle le point de suspension n’est pas multiplié par trois, mais est utilisé en chaîne pour associer deux éléments et obtenir une présentation cohérente et lisible.

1 kilo de framboises ………………………………. 15 €

1 kilo de cerises ……………………………………… 5 €

 

La cohabitation des points de suspension avec les autres ponctuations

Le premier point de suspension est collé à la lettre qui le précède et le dernier point de suspension est suivi d’un espace, sauf lorsqu’il interrompt un mot, comme on l’a vu plus haut pour respecter une mélodie.

Les points de suspension se confondent avec le point final, comme avec le point abréviatif. On ne met jamais un quatrième point de suspension après les trois points pour indiquer la fin de la phrase.

Les points de suspension coexistent avec la virgule, le point-virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation. Ils précèdent ces autres ponctuations lorsqu’ils signifient que la phrase pourrait se prolonger, par exemple pour couper court à une énumération.

Au cours de ta vie, quels animaux as-tu élevés : des chats, des chevaux, des moutons… ?

Les points de suspension suivent les autres ponctuations lorsqu’il s’agit de terminer la phrase.

J’aime tous les animaux, c’est la raison pour laquelle ma maison leur reste toujours ouverte. Et pourquoi pas ?…

 

Faut-il utiliser une majuscule après le dernier point de suspension ?

Pour savoir si vous devez utiliser une majuscule, vous devez considérer votre phrase dans sa globalité. Si un point de suspension la termine, il faudra le faire suivre par une majuscule. Si les trois points sont milieu de la phrase, vous devez continuer à écrire en minuscules.

Si les trois points de suspension peuvent être remplacés par un point, il faut mettre une majuscule après. Si vous pensez que l’on peut les remplacer par une virgule, deux-points, un point-virgule ou par aucune ponctuation, il faut continuer en minuscules.

 

Et cætera, et cetera, etc.

Plutôt que d’abréger une énumération en la terminant par trois points de suspension, vous pouvez employer la locution latine « et cetera » ou « « et cætera », abrégée par etc. Elle signifie « et tout le reste ».

Etc. est toujours suivi d’un point puisqu’il s’agit d’une abréviation.

 

La ponctuation après etc.

Le point abréviatif qui suit etc. se confond avec le point de la fin de la phrase.

Il ne faut jamais mettre trois points de suspension après etc., ni répéter l’abréviation (etc., etc.). Il s’agit dans les deux cas de pléonasmes.

Étant un pluriel neutre, etc. s’emploie pour désigner des choses.

Des pommes, des poires, des scoubidous, etc.

Il est donc déconseillé d’écrire (ou de dire) :

Des chanteurs, des poètes, des écrivains, etc., mais il faudra préférer des chanteurs, des poètes, des écrivains…

La ponctuation de la liste à puce

La ponctuation de la liste à puce

La liste à puce est un excellent moyen d’énumérer clairement les éléments d’un inventaire. Ce style est très utilisé dans les articles publiés sur Internet, car sa composition permet d’aérer la mise en page, tout en attirant l’œil du lecteur.

Les règles de ponctuation de la liste à puce

Les règles de ponctuation de la liste à puce sont très claires et faciles à retenir et pourtant, elles sont rarement respectées. Il faut préciser à la décharge de l’auteur de ces listes que le correcteur orthographique du logiciel Word lui-même ne connaît pas ces règles. En effet, dans certains cas, il indique à tort une forme fautive, en la soulignant d’un double trait bleu qui indique une faute de grammaire, de contextualité ou de typographie. Il supprime ce soulignement si vous mettez une majuscule dans un cas où vous devriez laisser une minuscule (j’y reviens plus bas).

Dans tous les cas, la liste à puce est composée d’une phrase introductive qui annonce l’énumération, puis vient la suite des éléments. Cette liste est ponctuée de deux façons différentes selon que la phrase introductive est ouverte ou fermée. À cela s’ajoutent comme toujours des exceptions : l’énumération dans l’énumération et le QCM.

Les règles sont les mêmes, quel que soit l’aspect des puces : tirets, points, flèches, etc. Ce qui compte, c’est la cohérence. Vous choisissez un signe et conservez le même pour toutes les puces. Cependant, si vous intégrez une énumération secondaire dans votre énumération principale, vous pouvez utiliser un second type de puce.

Chaque puce peut contenir plusieurs phrases. Il est néanmoins plus lisible que chaque puce soit assez courte. Si vous avez besoin de textes plus longs, il vaut mieux envisager une autre présentation, avec par exemple de courts paragraphes.

La liste à puce débutant par une phrase fermée

Une liste à puce débutant par une phrase fermée signifie que la phrase introductive se termine par un point ou se termine sans ponctuation s’il s’agit d’un titre.

Dans ce cas, les puces qui vont suivre sont considérées comme autant de phrases distinctes. Elles débutent logiquement par une majuscule et se terminent par un point.

Exemple de liste à puce débutant par une phrase fermée

Je rentre du Canada où j’ai pu observer de nombreux mammifères marins non loin des côtes.

  • Des orques.
  • Des baleines à bosse.
  • Des marsouins.
  • Des baleines de Minke.

La liste à puce débutant par une phrase ouverte

La liste à puce débutant par une phrase ouverte implique que la phrase introductive se termine par deux points (:).

Dans ce cas, cette phrase et toutes les puces qui vont suivre sont considérées comme une phrase unique. Les puces débutent donc par une minuscule (c’est là que la correcteur Word vous induit en erreur en vous incitant à mettre une majuscule) et se terminent par un point-virgule (;). La dernière puce clôt la phrase et se termine donc par un point. Elle peut exceptionnellement se terminer par un point-virgule, lorsque vient une dernière phrase de conclusion, en supplément des puces.

La virgule en remplacement du point-virgule est assez fréquente, mais elle est contraire à la règle.

Notez que pour respecter les règles typographiques, que vous devez laisser un espace avant et après le point-virgule, alors que la virgule nécessite un espace après elle, mais pas avant.

Exemple de liste à puce débutant par une phrase ouverte

Voici ma liste de courses :

  • des pommes ;
  • des poires ;
  • des scoubidous.

Si l’on retire les puces et que l’on place les lignes bout à bout, on a bien affaire à une seule phrase, correctement ponctuée.

L’énumération dans l’énumération

Dans le cas où il y a une énumération dans l’énumération, vous pouvez vous contenter d’une virgule pour séparer les éléments énumérés du second rang.

Pour le dortoir de la colonie de vacances, j’ai besoin de :

  • douze lits :
    • six lits en bois,
    • six lits en fer,
  • douze sommiers.

La liste à puce du QCM

Même si le QCM débute par une phrase ouverte, chaque puce peut se terminer par un point, car chaque proposition peut faire l’objet d’un choix et indiquer le terme de la phrase qui contient la question et la réponse.

Quel est l’animal le plus rapide :

  • le chat.
  • la belette.
  • le petit lapin.

Quel est le plus gros animal ?

  • La grenouille.
  • Le bœuf.

Dans le premier QCM, les propositions commencent par une minuscule pour correspondre à la suite de la phrase introductive ouverte terminée par deux points (:). Dans le second, elles débutent par une majuscule pour faire suite au point d’interrogation (?) de la phrase introductive fermée.

Malgré ou malgré que ?

Malgré ou malgré que ?

Faut-il dire malgré ou malgré que ? On entend tout et son contraire à ce sujet. Le verdict est pourtant sans appel : les deux expressions sont correctes selon l’Académie Française.

Cependant, dans l’immense majorité des cas, malgré est la formule à utiliser.

 

Malgré définition

Malgré est une préposition invariable datant du XIIIe siècle, composée de l’adjectif mal et du substantif masculin gré.

1.      Malgré dans le sens contre le gré

 

Elle a décidé de partir vivre en Islande, malgré la volonté de ses parents.

 

2.      Malgré dans le sens en dépit de ou nonobstant

 

Malgré la pluie, il est parti en randonnée.

Je persiste à lui accorder ma confiance malgré tout.

 

L’orthographe de malgré

Malgré étant invariable, il ne s’accorde jamais en nombre ou en genre. Il ne prend donc jamais de S, E ou ES comme terminaison.

Cela vaut pour l’expression « les malgré-nous » qui désigne les Alsaciens et les Mosellans qui furent incorporés de force dans l’armée régulière allemande, durant la deuxième guerre mondiale.

Les malgré-nous se sont retrouvés à combattre dans l’armée de terre (Heer), l’armée de l’air (Luftwaffe), la marine (Kriegsmarine) ou la branche armée des SS (Waffen-SS). Ils furent forcés de prendre les armes contre les ennemis de l’Allemagne, y compris les Français bien sûr.

Les malgré-elles – les Alsaciennes et les Mosellanes – étaient pour leur part incorporées de force dans l’armée, mais aussi dans les usines, ou bien là où les Allemands avaient besoin de main d’œuvre.

Alors, malgré ou malgré que ?

Comme le montrent les exemples ci-dessus, point de que !

Et pourtant ! Malgré que s’utilise dans une langue soutenue, le plus souvent écrite et non parlée. Il s’agit dans ce cas d’une locution conjonctive utilisée avec le verbe avoir conjugué au subjonctif.

Elle signifie : quelque mauvais gré que j’en aie, si mauvais gré que j’en aie, contre mon gré, mon désir ou ma volonté.

 

Il ne put cacher sa déception, malgré qu’il en eût.

 

Cette formulation paraît quelque peu bancale, et pourtant, elle est correcte. Cependant, comme le conseille l’Académie Française, il est recommandé d’éviter d’utiliser malgré que dans le sens quoique ou bien que.

 

Utilisez toujours malgré, quoique et bien que, vous êtes sûr de ne pas vous tromper.

 

Notez que quoique s’écrit en un seul mot. Je reviendrai plus tard sur la différence entre quoique et quoi que en deux mots.