« Palier » ou « pallier » – « pallier à » ou « pallier »

« Palier » ou « pallier » – « pallier à » ou « pallier »

Le verbe « pallier » souffre d’un triple handicap : il se trouve fréquemment amputé d’un L, une préposition n’ayant pas lieu d’être lui est trop souvent accolée et sa signification a connu une évolution qui l’a éloigné de son étymologie. Voyons comment remédier à ces fautes si courantes, à l’écrit comme à l’oral, exemples à l’appui.

Palier ou pallier ?

Commençons par évacuer une faute récurrente, à savoir le nombre de L dans le mot « palier » ou « pallier ». Il peut en effet s’écrire de deux façons différentes, mais la signification n’est alors pas la même. Pour corser l’affaire, les deux mots étant homophones – ils se prononcent de la même façon – vous ne disposez d’aucune indication quant à leur orthographe.

La nature des mots « palier » et « pallier »

La première différence entre « palier » et « pallier » porte sur la nature de ces mots, c’est-à-dire leur catégorie : nom propre, nom commun, adjectif, adverbe, préposition, conjonction, etc.

  • Palier est un nom commun masculin, il sert à désigner une chose et s’emploie avec un déterminant masculin : un, le, son, etc.
  • Pallier est un verbe, il se conjugue et sa terminaison varie selon le temps : présent, passé, futur, etc. ; il s’accorde avec son sujet.

Il apparaît fondamental de connaître la nature de ces deux mots, car ils occupent dès lors une fonction différente dans une phrase. Or, c’est cette fonction qui permet d’appliquer les règles de grammaire, d’orthographe, de conjugaison et de syntaxe.

Palier ou pallier - pallier à ou pallier 2

Définition « palier »

Le nom commun masculin « palier » connaît plusieurs définitions.

Au sens propre

  • Plate-forme aménagée entre deux escaliers ou donnant accès aux locaux situés au même étage. Exemples : la porte donne sur le palier, les voisins de palier, le palier inférieur d’un escalier ou son palier supérieur.
  • Parvis d’une demeure modeste.
  • Partie horizontale comprise entre deux déclivités, c’est-à-dire deux éléments en pente.
  • Pièce fixe qui supporte et guide un arbre de transmission.

Au sens figuré

  • Phase de stabilité dans une évolution. Exemple : pour que cet aliment se conserve mieux, il doit être refroidi par paliers.
  • Segment presque horizontal de la courbe d’un graphique. Par exemple : les différents paliers d’imposition selon le montant des revenus.

Étymologie « palier »

Les racines de « palier » font l’objet de plusieurs assertions. On le trouve sous l’orthographe « paillier » dans la première édition du dictionnaire de l’Académie française. Il viendrait de l’ancien français « paelier » (poêle) ou « poaillier » (instrument qui soutient le mouvement), en raison de la forme plate de l’objet ou pour faire référence à une plate-forme suspendue qui servait de poêle en tant qu’instrument de chauffage entre deux étages.

« Palier » viendrait sinon d’une altération de « paillier » au sens de la paille ou du paillasson qui se trouve d’ordinaire sur un palier pour essuyer ses chaussures.

Les synonymes de « palier »

Les synonymes de « palier » sous l’acception « partie d’un bâtiment » : plancher, quai, mezzanine, gradin, plateau, plate-forme, podium, tablier.

Les synonymes de « palier » dans le sens « partie d’un processus » : étape, stade, phase, période, épisode, point, transition.

Définition « pallier »

La définition du verbe « pallier » a évolué au cours du temps. Son étymologie ne fait pas de doute, comme l’indique l’Académie française : il vient du bas latin (de l’Antiquité tardive, version parlée du IIIᵉ au VIᵉ siècle) « palliare » qui signifiait à l’origine « couvrir d’un pallium », c’est-à-dire d’un manteau en latin classique (utilisé dans la Rome antique du Iᵉʳ siècle avant Jésus-Christ au début du Iᵉʳ siècle après Jésus-Christ).

« Pallier » signifiait donc à l’origine cacher, dissimuler quelque chose en le présentant sous une apparence trompeuse. On peut par exemple pallier une situation compromettante en travestissant les faits pour la rendre convenable.

Aujourd’hui, « pallier » est devenu le synonyme de « remédier à ». Il prend aussi le sens d’atténuer ou de résoudre d’une façon provisoire et incomplète.

L’adjectif dérivé « palliatif » conserve cependant sa signification originelle : il présente ce qui agit sur les symptômes sans les guérir. L’évocation d’un traitement palliatif exprime bien la notion de cache-misère provisoire et insuffisant pour une maladie dont l’issue est fatale à plus ou moins long terme.

Voilà pourquoi le verbe « pallier » s’écrit avec deux L et comment il a changé de sens. Voyons maintenant comment il doit être utilisé au sein d’une phrase.

Palier ou pallier - pallier à ou pallier 4

Pallier à ou pallier ?

« Pallier » est un verbe du premier groupe dont la conjugaison de pose pas de problème. Le fait qu’il soit transitif direct implique :

  1. Qu’il se construit à l’aide d’un complément d’objet direct pouvant être un nom, un groupe nominal, un pronom, un infinitif, etc. ;
  2. Qu’il n’a pas besoin d’être suivi d’une préposition, contrairement aux verbes transitifs indirects.

Le verdict est donc sans appel : il faut dire et écrire « pallier » et enchaîner avec le complément d’objet direct ; l’emploi de « pallier à » constitue une faute impardonnable.

En effet, il n’existe aucune tolérance pour cette erreur de la part des linguistes. Or, en France et dans le monde francophone, l’emploi de « pallier à » s’avère malheureusement trop fréquent. Les médias et les politiques usent et abusent de ce verbe, d’une part en se méprenant sur son sens, d’autre part en l’affublant d’une préposition superflue. Ne vous laissez pas influencer et n’ajoutez jamais les prépositions « à », « au » ou « aux » derrière « pallier ».

Si vous tenez absolument à utiliser la préposition « à », préférez l’emploi du verbe transitif indirect « remédier à ».

Palier ou pallier - pallier à ou pallier 3

« Palier » ou « pallier » – « pallier à » ou « pallier », cherchez l’erreur !

Les phrases qui suivent sont-elles correctes ou incorrectes ? Dans le second cas, rectifiez l’erreur.

  1. Il a trouvé de la paille sur son pallier en rentrant de voyage, sans pouvoir expliquer d’où elle provenait.
  2. Pour pallier les défauts de construction, il a modifié totalement son projet.
  3. Pour pallier aux injonctions du gouvernement français qui lui intimait de baisser ses prix, il a préféré quitter la France.
  4. Pour palier la morosité de l’actualité en France, il a préféré partir en voyage et faire le tour du monde, même si son bas niveau en langue étrangère constitue un problème.
  5. Pour pallier sa fatigue chronique, il a eu recours à l’usage de produits illicites.
  6. Préférant les jeux à l’info, il pallie ses lacunes en lisant des résumés sur les réseaux sociaux.
  7. Il palie à son problème avec la langue française en lisant des articles pour se familiariser avec son usage.
  8. Elle pallie à l’augmentation des prix en abaissant son niveau de vie.
  9. Grâce à leur projet présent, ils peuvent pallier les coûts de construction et ajouter un étage.
  10. Du pain et des jeux, le gouvernement en revient toujours aux mêmes subterfuges pour palier à la morosité de l’info.
  11. D’après le dictionnaire, « pallier » vient de « pallium », le manteau.
  12. On ne cesse de parler du « tueur des palliers » dans l’actualité du jour.

Palier ou pallier - pallier à ou pallier 1

Les réponses

  1. Faux : palier.
  2. Correct.
  3. Faux : pour pallier les injonctions.
  4. Faux : pallier.
  5. Correct.
  6. Correct.
  7. Faux : il pallie son problème.
  8. Faux : elle pallie l’augmentation.
  9. Correct.
  10. Faux : pallier la morosité.
  11. Correct.
  12. Faux : paliers.
Continuer « à » ou « de » : quelle est la bonne préposition ?

Continuer « à » ou « de » : quelle est la bonne préposition ?

Continuer « à » ou « de » : quelle est la préposition devant suivre le verbe ? Les deux sonnent bien à l’oreille, car nous avons l’habitude d’entendre l’une ou l’autre de ces versions. Et effectivement, l’emploi des deux prépositions relève du bon français. Quel soulagement ! Oui, mais il ne s’agit pas là de caprices de la langue française, la signification n’est pas la même dans les deux cas. Voici notre guide sur le bon usage de « continuer de ou à » pour vous assurer que le sens de vos propos est bien conforme à votre intention, à l’écrit comme à l’oral.

L’utilité des prépositions dans la langue française

Les prépositions sont des mots invariables indispensables pour introduire des compléments : compléments d’objet indirect, compléments circonstanciels, compléments d’agent, etc. Elles permettent de se situer dans le temps et l’espace, indiquant un mouvement ou un déplacement.

Pour que nos phrases soient compréhensibles, il convient de les construire en employant le mot de liaison adéquat. La sélection de la préposition suivant « continuer » modifiant sa signification, il importe de comprendre les nuances entre continuer « à » ou « de ».

La différence de sens entre continuer « à » ou continuer « de »

 « Continuer à » ou « continuer de », tous deux suivis par des verbes à l’infinitif, évoquent une persistance, mais avec des nuances. La distinction est la suivante.

« Continuer à » s’applique à une action commencée qui se poursuit.

« Continuer de » relève davantage d’une habitude.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui fume. Si cette personne est en train de fumer une cigarette, vous constaterez qu’elle « continue à fumer », alors par exemple qu’elle vient d’entrer dans un espace non-fumeurs. Ici, continuer à = poursuivre une action.

En revanche, si vous souhaitez savoir si cette personne a toujours l’habitude de fumer (parce que vous observez qu’elle n’a pas allumé une cigarette depuis votre rencontre), vous lui demanderez « Continuez-vous de fumer ? ». Ici, continuer de = un rituel qui persiste.

Le moyen mnémotechnique pour se souvenir de la règle « continuer à » ou « continuer de »

Pour vous rappeler de la préposition à utiliser derrière le verbe continuer, vous pouvez utiliser le moyen mnémotechnique qui suit.

  1. « Continuer À » commente une Action commencée.
  2. « Continuer DE » se réfère à une habitude qu’on ne cesse pas DE faire.

Euphonie continuer à ou de

La prise en compte de la prononciation de la phrase

Chaque règle a ses exceptions et celle-ci n’y déroge par ! Si le sens du propos importe, vous devez également tenir compte de l’énonciation de votre phrase dans le but de la rendre plus fluide. Or, avec l’emploi de la préposition « à », la succession de deux voyelles génère un hiatus. Celui-ci empêche d’effectuer la distinction entre le verbe et le mot qui le suit, en même temps qu’il rend la prononciation difficile et souvent inélégante.

En effet, si « continuer » est suivi d’un verbe commençant par une voyelle, l’emploi du « à » rendrait disgracieuse votre phrase. Le cas échéant, il est donc recommandé d’employer le « de » pour préserver l’euphonie.

Continuer « à » ou « de » : un niveau de langage différent selon l’Académie française

L’Académie française demeure la référence de notre langue. Le dictionnaire Larousse, le dictionnaire Robert, ainsi que tous les autres ouvrages semblables, se basent sur ses définitions et ses explications. Voyons-donc ce qu’elle dit du verbe « continuer » et des prépositions qui le suivent.

Continuer : verbe du XIIe siècle, emprunté du latin continuare, signifiant « faire suivre immédiatement, faire succéder sans interruption ».

L’Académie précise qu’écrire « continuer de » est considéré comme une forme plus littéraire et soutenue que « continuer à ». Dans les deux cas, la préposition est suivie par des verbes à l’infinitif.

Test continuer à ou de

Continuer « à » ou « de », le test

Voici quelques exemples pour lesquels vous devez décider du choix entre « continuer à » ou « continuer de ».

  1. Robert qui porte un verre de vin à ses lèvres continue-t-il à boire ou continue-t-il de boire ?
  2. Que diriez-vous d’un homme persistant dans sa manie de trop boire ? Qu’il continuera à boire demain ou de boire demain ?
  3. Malgré l’interdiction de son professeur, un élève continue à mâcher son chewing-gum ou de mâcher son chewing-gum ?
  4. Un collègue qui vous cherche des noises tous les jours au bureau continue-t-il à vous provoquer ou continue-t-il de vous provoquer ?
  5. Bien qu’elle ait déménagé, Anna continue-t-elle à amener ses enfants au cours de musique de son ancien quartier ou continue-t-elle d’amener ses enfants à ce cours ?
  6. Malgré sa formation en français, elle continue à faire des fautes d’orthographe ou elle continue de faire des fautes d’orthographe ?
  7. Nous avons continué à accélérer notre marche pour arriver à l’heure sur le lieu ou nous avons continué d’accélérer pour arriver à l’heure ?
  8. L’usage du verbe « seoir » continue-t-il à poser des problèmes aux élèves ou continue-t-il de poser des problèmes ?
  9. Il m’emploie tous les week-ends pour continuer à ranger les garages des particuliers ou il m’emploie tous les week-ends pour continuer de ranger les garages des particuliers ?
  10. J’ai fait le choix de ce guide touristique, car il continue à dérouler son commentaire, même lorsque la visite est terminée ou parce qu’il continue de dérouler son commentaire ?

Réponses test continuer à ou de

Les résultats du test continuer « de » ou « à »

Dans les exemples cités ci-dessus, les constructions de phrases correctes sont les suivantes.

  1. Robert continue à boire son verre de vin.
  2. L’homme continuera de boire.
  3. L’élève continue à mâcher son chewing-gum.
  4. Votre collègue continue de vous provoquer.
  5. Pour assurer l’euphonie, Anna continue d’amener ses enfants au cours de musique de son ancien quartier.
  6. Malgré sa formation, elle continue de faire des fautes d’orthographe.
  7. Pour éviter le hiatus, il est préférable d’écrire ou de dire que nous avons continué d’accélérer notre marche pour arriver à l’heure sur le lieu.
  8. L’usage du verbe « seoir » continue de poser des problèmes aux élèves.
  9. Il m’emploie tous les week-ends pour continuer de ranger les garages des particuliers.
  10. J’ai fait le choix de ce guide touristique, car il continue à dérouler son commentaire, même lorsque la visite est terminée.

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Vous connaissez désormais la différence entre continuer « à » et « de », à l’écrit comme à l’oral. Pour ne plus vous tromper dans vos constructions, pensez à chaque fois que « à » se réfère à l’action et « de » est la réponse lorsqu’il s’agit « de » cesser de faire. Dressez toutefois l’oreille pour ne pas vous laisser piéger par le hiatus qui doit vous faire préférer le « de ».

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Majuscule minuscule, comment savoir ?

Majuscule minuscule, comment savoir ?

Majuscule minuscule, la question se pose souvent dans la langue française. Avant de nous pencher sur le bon usage de la lettre majuscule en français, connaissez-vous la majusculite et la minusculite ? Les lettres françaises majuscules et minuscules ne peuvent pas être indifféremment employées, mais elles doivent être choisies en fonction des règles.

 

La majusculite, stop à l’abus de majuscules !

L’abus de majuscule est considéré comme une faute de français. Ne nous prenons pas pour les Allemands qui débutent tous les noms communs par une majuscule. Les majuscules en français doivent toujours être justifiées.

Si vous pensez que la lettre majuscule en impose et met en valeur un mot, son abus, au contraire la banalise et lui fait perdre tout son sens. Vous ne devez utiliser la majuscule que lorsque les règles de la langue française l’imposent.

 

La minusculite, la maladie des snobs

Si l’utilisation de la majuscule en lieu et place de la minuscule est une faute, le contraire l’est aussi. Pire, c’est une faute de goût !

Les adultes affectés par la minusculite écrivent sans complexe que victor spountz qui habite dijon envisage de passer ses vacances en vendée, avant de se rendre en norvège.

Quel superbe mépris des conventions ! Cette prétentieuse minusculite est un snobisme de faux esthète qui date du dadaïsme, mouvement intellectuel, littéraire et artistique du début du XXᵉ siècle. Tout a commencé par un canular de ses adeptes qui professaient avec humour que tous les mots sont égaux et que le privilège de la majuscule devait être aboli.

Les dadas avaient ainsi pris l’habitude d’imprimer leurs proclamations sur du papier d’emballage. Leurs écrits se chevauchaient en tous sens, mais il ne s’agissait là que de dérision. Ils poussaient même le vice en utilisant la majuscule, mais pour glorifier la dernière lettre du nom. Ainsi, ils mentionnaient victoR hugO ou alphonsE allaiS.

Cette manière provocatrice doit être considérée pour ce qu’elle fut à son époque, « une farce d’atelier que les snobs, qui sont toujours graves et ne savent pas sourire, ont pris pour argent comptant et qui s’étend aux titres génériques des émissions de télévision qui se veulent culturelles. Ce n’est pas une élégance, mais un héritage de jobarderie compliqué d’une faute d’orthographe ». (Robert Ricard, Vie et Langage, 1966)

Victor Spountz habite toujours Dijon. Il a prévu de passer ses vacances en Vendée, avant de se rendre en Norvège.

 

Majuscule minuscule : mode d’emploi

 

Voici maintenant un exposé détaillé pour savoir quand mettre une majuscule et quand lui préférer une minuscule.

Notez au passage que vous devez mettre un accent sur majuscule. Vous comprendrez pourquoi utiliser des majuscules accentuées en lisant ce court article.

 

La majuscule en début de phrase : la majuscule et le point

Chaque phrase débute par une lettre en majuscule. Par extension, après un point, on recommence la phrase avec une majuscule. On utilise aussi une majuscule après un point d’exclamation, sauf lorsqu’il suit une interjection.

Hélas ! la neige n’était pas assez abondante.

La neige n’était pas assez abondante ! Nous n’avons pas pu skier.

En revanche, il n’y a pas de majuscule après deux points, ni après un point-virgule. Dans les énumérations, vous pouvez comprendre la raison de l’usage après les deux points et le point-virgule de la majuscule ou minuscule dans cet article.

À noter

 L’abréviation de « et cætera », etc. peut être suivie de différents signes de ponctuation. Si elle est par exemple suivie d’une virgule, la phrase continue avec une minuscule.

J’ai trouvé sur le marché des citrons, pamplemousses, oranges, etc., ainsi que des melons.

Si etc. termine la phrase, le point qui indique qu’il s’agit d’une abréviation se confond avec le point qui termine la phrase et n’a pas à être doublé. La phrase qui suit débute normalement par une lettre majuscule.

J’ai acheté tous les légumes de saison : des tomates, des haricots, des petits pois, etc. J’ai fait une bonne affaire.

 

La majuscule dans le domaine géographique

Il faut mettre en majuscule la première lettre des appellations géographiques qui concernent les noms de continents, pays, régions, départements, montagnes, mers, lacs, cours d’eau, etc. En revanche, les qualificatifs qui décrivent l’endroit sont écrits tout en minuscule.

L’océan Atlantique, le lac Léman, le golfe Persique, la tour Eiffel, mais la France méridionale ou la France basque.

Les adjectifs prennent cependant une lettre majuscule lorsqu’ils font partie du nom.

La Basse-Normandie, la mer Morte, la Haute-Loire, le mont Blanc, le lac Salé.

Les appellations géographiques devenues nom commun

Les appellations géographiques devenues nom commun débutent par une lettre minuscule.

Un camembert, un havane ou du comté.

 

La majuscule nom propre, surnom, prénom, etc.

Les prénoms, surnoms et les noms de famille prennent toujours une majuscule. Lorsqu’un adjectif ou un nom commun est utilisé comme surnom ou fait partie du nom, il est aussi écrit avec une majuscule.

Alexandre le Grand ou Georges Clemenceau, dit le Tigre.

Les noms de dynasties

Les noms de dynasties sont considérés comme un nom de famille en majuscule.

Les Capétiens, les Bourbons, les Valois.

Les noms des habitants d’un pays

Les noms des habitants d’un pays sont toujours écrits avec une majuscule. En revanche, il ne faut pas confondre avec l’adjectif ou le nom commun qui, lui, s’écrit avec une minuscule.

Un Allemand, marié à une Française, qui aime les peintres italiens peut préférer la cuisine française, même lorsqu’elle est servie dans un restaurant suisse, en Belgique.

Les noms passés dans le langage courant

Certains noms propres deviennent avec le temps des noms communs et dans ce cas abandonnent leur majuscule.

On dira d’un hypocrite doublé d’un menteur qu’il est un tartuffe, en hommage au personnage de Molière. Au féminin, on pourrait parler de sainte-nitouche, toujours en minuscule, en hommage à la Saincte Nytouche (sainte qui n’y touche pas), en référence cette fois-ci à Rabelais et son Gargantua.

 

La majuscule pour les noms d’étoiles, planètes, divinités, signes du zodiaque, fêtes, rues, monuments, vaisseaux, œuvre d’art, etc.

La première lettre de ces mots est en majuscule.

Sirius, Uranus, la Providence, la Toussaint, Noël, le signe du Capricorne, la rue du Sabot, l’avenue des Pins, le Colisée, le Titanic, l’Angélus de Millet.

 

Les noms d’institutions, de sociétés savantes, religieuses ou politiques

La première lettre minuscule ou majuscule dépend si l’on parle de l’institution (en majuscule) ou d’un lieu (en minuscule).

L’État, l’Église, le Sénat, l’Assemblée nationale, l’Académie française, la Légion d’honneur, ministère de l’intérieur.

L’état des finances, mais les finances de l’État.

L’Église désigne l’institution, alors que l’église de Dole correspond au bâtiment. Les Dominicains concernent l’ordre, mais il s’agit d’un couvent de dominicains.

Le mot saint ne prend pas de majuscule pour désigner une personne, comme saint Paul, sauf Saint Louis. Le mot Saint prend une majuscule lorsqu’il fait partie d’un nom de famille, de lieu ou d’événements.

La rue Saint Jacques, la place Saint Marc, les feux de la Saint Jean.

 

La majuscule des noms de points cardinaux

Les points cardinaux désignant des régions géographiques particulières prennent des majuscules.

Les pays de l’Est, les départements de l’Ouest, les gens du Midi, les vins du Sud-Ouest, le pôle Nord.

 

La majuscule pour les dates et les faits historiques

Les jours de la semaine et les mois de l’année ne prennent pas de majuscule, sauf lorsqu’il s’agit d’une date précise.

Le Jeudi Saint, la révolution d’Octobre, la Première Guerre mondiale.

Les périodes historiques prennent des majuscules.

Le Moyen Âge, l’Antiquité, le Tertiaire.

 

La majuscule pour les noms de fonction, titres et dignités

Les noms des fonctions et titres demeurent en minuscules lorsque l’on évoque la fonction : le maire, le préfet ou le président. Cependant, ces titres prennent une majuscule dès lors que l’on s’adresse à la personne, car on peut considérer que la fonction remplace le nom.

Je vous écris, Monsieur le Maire, Messieurs les Conseillers municipaux et Madame la Présidente, pour vous informer que j’ai rencontré Sa Majesté la semaine dernière.

Sa Majesté ou Votre Sainteté, car les titres honorifiques s’écrivent avec une majuscule.

 

La majuscule pour les noms d’organisations, ministères, associations, etc.

Les noms d’organismes lorsqu’on en parle en général ne débutent pas par une majuscule.

Le conseil municipal, le musée, le collège, la mairie de Rennes, la cour d’appel de Dijon.

Ils prennent une majuscule lorsqu’il s’agit d’un organisme spécifique.

Le Conseil de l’Europe, la Bibliothèque nationale.

 

La majuscule pour les noms d’acronymes et de sigles

Pour les acronymes (sigles pouvant être prononcés comme un mot), seule la première lettre prend une majuscule.

L’Unesco, la Nasa, l’Onu.

Pour les sigles (abréviation composée à partir des lettres initiales d’un ensemble de mots), il faut tout écrire en majuscule.

Une ONG, la SNCF.

Les sigles devenus noms communs s’écrivent tout en minuscule.

Un ovni, le sida.

La majuscule pour les titres et les sous-titres

La règle pour les titres et les sous-titres est assez complexe et je vous conseille de lire le détail dans l’article qui est dédié à ce sujet.

Ci joint : accord et orthographe de la locution

Ci joint : accord et orthographe de la locution

Ci joint, accord ou pas accord ? La réponse est parfois oui, parfois non, parfois oui et non ! La langue française est soumise à des règles qui comportent toujours des exceptions, afin de pimenter la vie des auteurs, l’Académie Française y veille !

Notez que les règles d’accord de ci joint, ci annexé et ci inclus sont les mêmes. Pour les orthographier correctement, il est d’ailleurs impératif d’utiliser un trait d’union : ci-joint, ci-inclus et ci-annexé.

La facture est-elle ci-joint ou ci-jointe ? Ci-inclus ma photo ou ci-incluse ma photo ? La liste de mes tableaux est-elle ci-annexé ou ci-annexée ? Si nous n’utilisons pas souvent ci-inclus et ci-annexé, ci-joint parsème très régulièrement nos courriels – et parfois encore nos courriers postaux – raison pour laquelle vous devez en connaître l’accord.

Voyez ci-dessous (pas de problème d’accord ici !) les trois cas possibles, afin de ne plus vous tromper sur l’accord de ci-joint et des autres locutions.

 

Ci-joint accord invariable

Lorsque ci-joint est utilisé comme un adverbe, il demeure invariable. Cette locution adverbiale est forcément placée devant un groupe nominal ou en tête d’une phrase sans verbe.

Ci-joint mes photos d’identité.

Ci-joint ma lettre de motivation.

Ci-joint peut également si situer au beau milieu d’une phrase et rester invariable, mais à la condition qu’il soit placé immédiatement avant ce nom. Cela signifie que le nom doit être utilisé sans déterminant.

Je vous envoie ci-joint copie de mon passeport.

Vous trouverez ci-joint quittance de votre loyer.

Veuillez trouver ci-joint photocopie des relevés topographiques de la route nationale.

 

Ci-joint accord en genre et en nombre

Lorsque ci-joint devient épithète

La locution ci-joint peut posséder la fonction d’épithète. Elle est alors considérée comme une locution adjective et suit immédiatement le nom auquel elle se rapporte. Dans ce cas, ci-joint s’accorde en genre et en nombre.

Ne communiquez à personne mon adresse ci-jointe.

La photo ci-jointe est une pièce de collection.

Vous devez remplir les formulaires ci-joints.

 

Lorsque ci-joint est attribut du sujet

Ci-joint peut prendre la valeur d’attribut du sujet. Cela signifie qu’il exprime une manière d’être ou une qualité qui se rapporte au sujet. L’attribut du sujet est attaché à celui-ci par un verbe d’état : être, sembler, rester, demeurer, paraître, etc. Vous ne pouvez pas supprimer un attribut du sujet, sinon, votre phrase n’a plus de sens.

Lorsque ci-joint est un attribut du sujet, il s’accorde en genre et en nombre.

Votre lettre est ci-jointe.

 

Lorsque l’accord ci-joint n’est pas fixé

Il arrive que vous ayez le choix d’écrire ci-joint de différentes manières. C’est le cas lorsqu’il est employé devant un nom précédé par un article ou tout autre déterminant numéral ou possessif.

Dans cas, vous pouvez ou non accorder ci-joint.

1 – Vous trouverez ci-jointe la photo que vous m’avez réclamée.

2 – Vous trouverez ci-joint la photo que vous m’avez réclamée.

Dans le premier cas, « jointe » se rapporte à l’article « ci ». Dans le second cas, « joint » fait lui-même office d’article. Vous choisissez l’orthographe que vous préférez.

Historiquement, ci-joint s’accordait dans ce cas. L’influence du langage administratif et la tendance à l’invariabilité, autant qu’au laisser-aller, ont engendré cette tolérance qui permet de ne pas accorder ci-joint et de ne pas considérer la formule comme fautive.