Majuscule minuscule, comment savoir ?

Majuscule minuscule, comment savoir ?

Majuscule minuscule, la question se pose souvent dans la langue française. Avant de nous pencher sur le bon usage de la lettre majuscule en français, connaissez-vous la majusculite et la minusculite ? Les lettres françaises majuscules et minuscules ne peuvent pas être indifféremment employées, mais elles doivent être choisies en fonction des règles.

 

La majusculite, stop à l’abus de majuscules !

L’abus de majuscule est considéré comme une faute de français. Ne nous prenons pas pour les Allemands qui débutent tous les noms communs par une majuscule. Les majuscules en français doivent toujours être justifiées.

Si vous pensez que la lettre majuscule en impose et met en valeur un mot, son abus, au contraire la banalise et lui fait perdre tout son sens. Vous ne devez utiliser la majuscule que lorsque les règles de la langue française l’imposent.

 

La minusculite, la maladie des snobs

Si l’utilisation de la majuscule en lieu et place de la minuscule est une faute, le contraire l’est aussi. Pire, c’est une faute de goût !

Les adultes affectés par la minusculite écrivent sans complexe que victor spountz qui habite dijon envisage de passer ses vacances en vendée, avant de se rendre en norvège.

Quel superbe mépris des conventions ! Cette prétentieuse minusculite est un snobisme de faux esthète qui date du dadaïsme, mouvement intellectuel, littéraire et artistique du début du XXᵉ siècle. Tout a commencé par un canular de ses adeptes qui professaient avec humour que tous les mots sont égaux et que le privilège de la majuscule devait être aboli.

Les dadas avaient ainsi pris l’habitude d’imprimer leurs proclamations sur du papier d’emballage. Leurs écrits se chevauchaient en tous sens, mais il ne s’agissait là que de dérision. Ils poussaient même le vice en utilisant la majuscule, mais pour glorifier la dernière lettre du nom. Ainsi, ils mentionnaient victoR hugO ou alphonsE allaiS.

Cette manière provocatrice doit être considérée pour ce qu’elle fut à son époque, « une farce d’atelier que les snobs, qui sont toujours graves et ne savent pas sourire, ont pris pour argent comptant et qui s’étend aux titres génériques des émissions de télévision qui se veulent culturelles. Ce n’est pas une élégance, mais un héritage de jobarderie compliqué d’une faute d’orthographe ». (Robert Ricard, Vie et Langage, 1966)

Victor Spountz habite toujours Dijon. Il a prévu de passer ses vacances en Vendée, avant de se rendre en Norvège.

 

Majuscule minuscule : mode d’emploi

 

Voici maintenant un exposé détaillé pour savoir quand mettre une majuscule et quand lui préférer une minuscule.

Notez au passage que vous devez mettre un accent sur majuscule. Vous comprendrez pourquoi utiliser des majuscules accentuées en lisant ce court article.

 

La majuscule en début de phrase : la majuscule et le point

Chaque phrase débute par une lettre en majuscule. Par extension, après un point, on recommence la phrase avec une majuscule. On utilise aussi une majuscule après un point d’exclamation, sauf lorsqu’il suit une interjection.

Hélas ! la neige n’était pas assez abondante.

La neige n’était pas assez abondante ! Nous n’avons pas pu skier.

En revanche, il n’y a pas de majuscule après deux points, ni après un point-virgule. Dans les énumérations, vous pouvez comprendre la raison de l’usage après les deux points et le point-virgule de la majuscule ou minuscule dans cet article.

À noter

 L’abréviation de « et cætera », etc. peut être suivie de différents signes de ponctuation. Si elle est par exemple suivie d’une virgule, la phrase continue avec une minuscule.

J’ai trouvé sur le marché des citrons, pamplemousses, oranges, etc., ainsi que des melons.

Si etc. termine la phrase, le point qui indique qu’il s’agit d’une abréviation se confond avec le point qui termine la phrase et n’a pas à être doublé. La phrase qui suit débute normalement par une lettre majuscule.

J’ai acheté tous les légumes de saison : des tomates, des haricots, des petits pois, etc. J’ai fait une bonne affaire.

 

La majuscule dans le domaine géographique

Il faut mettre en majuscule la première lettre des appellations géographiques qui concernent les noms de continents, pays, régions, départements, montagnes, mers, lacs, cours d’eau, etc. En revanche, les qualificatifs qui décrivent l’endroit sont écrits tout en minuscule.

L’océan Atlantique, le lac Léman, le golfe Persique, la tour Eiffel, mais la France méridionale ou la France basque.

Les adjectifs prennent cependant une lettre majuscule lorsqu’ils font partie du nom.

La Basse-Normandie, la mer Morte, la Haute-Loire, le mont Blanc, le lac Salé.

Les appellations géographiques devenues nom commun

Les appellations géographiques devenues nom commun débutent par une lettre minuscule.

Un camembert, un havane ou du comté.

 

La majuscule nom propre, surnom, prénom, etc.

Les prénoms, surnoms et les noms de famille prennent toujours une majuscule. Lorsqu’un adjectif ou un nom commun est utilisé comme surnom ou fait partie du nom, il est aussi écrit avec une majuscule.

Alexandre le Grand ou Georges Clemenceau, dit le Tigre.

Les noms de dynasties

Les noms de dynasties sont considérés comme un nom de famille en majuscule.

Les Capétiens, les Bourbons, les Valois.

Les noms des habitants d’un pays

Les noms des habitants d’un pays sont toujours écrits avec une majuscule. En revanche, il ne faut pas confondre avec l’adjectif ou le nom commun qui, lui, s’écrit avec une minuscule.

Un Allemand, marié à une Française, qui aime les peintres italiens peut préférer la cuisine française, même lorsqu’elle est servie dans un restaurant suisse, en Belgique.

Les noms passés dans le langage courant

Certains noms propres deviennent avec le temps des noms communs et dans ce cas abandonnent leur majuscule.

On dira d’un hypocrite doublé d’un menteur qu’il est un tartuffe, en hommage au personnage de Molière. Au féminin, on pourrait parler de sainte-nitouche, toujours en minuscule, en hommage à la Saincte Nytouche (sainte qui n’y touche pas), en référence cette fois-ci à Rabelais et son Gargantua.

 

La majuscule pour les noms d’étoiles, planètes, divinités, signes du zodiaque, fêtes, rues, monuments, vaisseaux, œuvre d’art, etc.

La première lettre de ces mots est en majuscule.

Sirius, Uranus, la Providence, la Toussaint, Noël, le signe du Capricorne, la rue du Sabot, l’avenue des Pins, le Colisée, le Titanic, l’Angélus de Millet.

 

Les noms d’institutions, de sociétés savantes, religieuses ou politiques

La première lettre minuscule ou majuscule dépend si l’on parle de l’institution (en majuscule) ou d’un lieu (en minuscule).

L’État, l’Église, le Sénat, l’Assemblée nationale, l’Académie française, la Légion d’honneur, ministère de l’intérieur.

L’état des finances, mais les finances de l’État.

L’Église désigne l’institution, alors que l’église de Dole correspond au bâtiment. Les Dominicains concernent l’ordre, mais il s’agit d’un couvent de dominicains.

Le mot saint ne prend pas de majuscule pour désigner une personne, comme saint Paul, sauf Saint Louis. Le mot Saint prend une majuscule lorsqu’il fait partie d’un nom de famille, de lieu ou d’événements.

La rue Saint Jacques, la place Saint Marc, les feux de la Saint Jean.

 

La majuscule des noms de points cardinaux

Les points cardinaux désignant des régions géographiques particulières prennent des majuscules.

Les pays de l’Est, les départements de l’Ouest, les gens du Midi, les vins du Sud-Ouest, le pôle Nord.

 

La majuscule pour les dates et les faits historiques

Les jours de la semaine et les mois de l’année ne prennent pas de majuscule, sauf lorsqu’il s’agit d’une date précise.

Le Jeudi Saint, la révolution d’Octobre, la Première Guerre mondiale.

Les périodes historiques prennent des majuscules.

Le Moyen Âge, l’Antiquité, le Tertiaire.

 

La majuscule pour les noms de fonction, titres et dignités

Les noms des fonctions et titres demeurent en minuscules lorsque l’on évoque la fonction : le maire, le préfet ou le président. Cependant, ces titres prennent une majuscule dès lors que l’on s’adresse à la personne, car on peut considérer que la fonction remplace le nom.

Je vous écris, Monsieur le Maire, Messieurs les Conseillers municipaux et Madame la Présidente, pour vous informer que j’ai rencontré Sa Majesté la semaine dernière.

Sa Majesté ou Votre Sainteté, car les titres honorifiques s’écrivent avec une majuscule.

 

La majuscule pour les noms d’organisations, ministères, associations, etc.

Les noms d’organismes lorsqu’on en parle en général ne débutent pas par une majuscule.

Le conseil municipal, le musée, le collège, la mairie de Rennes, la cour d’appel de Dijon.

Ils prennent une majuscule lorsqu’il s’agit d’un organisme spécifique.

Le Conseil de l’Europe, la Bibliothèque nationale.

 

La majuscule pour les noms d’acronymes et de sigles

Pour les acronymes (sigles pouvant être prononcés comme un mot), seule la première lettre prend une majuscule.

L’Unesco, la Nasa, l’Onu.

Pour les sigles (abréviation composée à partir des lettres initiales d’un ensemble de mots), il faut tout écrire en majuscule.

Une ONG, la SNCF.

Les sigles devenus noms communs s’écrivent tout en minuscule.

Un ovni, le sida.

La majuscule pour les titres et les sous-titres

La règle pour les titres et les sous-titres est assez complexe et je vous conseille de lire le détail dans l’article qui est dédié à ce sujet.

Ci joint : accord et orthographe de la locution

Ci joint : accord et orthographe de la locution

Ci joint, accord ou pas accord ? La réponse est parfois oui, parfois non, parfois oui et non ! La langue française est soumise à des règles qui comportent toujours des exceptions, afin de pimenter la vie des auteurs, l’Académie Française y veille !

Notez que les règles d’accord de ci joint, ci annexé et ci inclus sont les mêmes. Pour les orthographier correctement, il est d’ailleurs impératif d’utiliser un trait d’union : ci-joint, ci-inclus et ci-annexé.

La facture est-elle ci-joint ou ci-jointe ? Ci-inclus ma photo ou ci-incluse ma photo ? La liste de mes tableaux est-elle ci-annexé ou ci-annexée ? Si nous n’utilisons pas souvent ci-inclus et ci-annexé, ci-joint parsème très régulièrement nos courriels – et parfois encore nos courriers postaux – raison pour laquelle vous devez en connaître l’accord.

Voyez ci-dessous (pas de problème d’accord ici !) les trois cas possibles, afin de ne plus vous tromper sur l’accord de ci-joint et des autres locutions.

 

Ci-joint accord invariable

Lorsque ci-joint est utilisé comme un adverbe, il demeure invariable. Cette locution adverbiale est forcément placée devant un groupe nominal ou en tête d’une phrase sans verbe.

Ci-joint mes photos d’identité.

Ci-joint ma lettre de motivation.

Ci-joint peut également si situer au beau milieu d’une phrase et rester invariable, mais à la condition qu’il soit placé immédiatement avant ce nom. Cela signifie que le nom doit être utilisé sans déterminant.

Je vous envoie ci-joint copie de mon passeport.

Vous trouverez ci-joint quittance de votre loyer.

Veuillez trouver ci-joint photocopie des relevés topographiques de la route nationale.

 

Ci-joint accord en genre et en nombre

Lorsque ci-joint devient épithète

La locution ci-joint peut posséder la fonction d’épithète. Elle est alors considérée comme une locution adjective et suit immédiatement le nom auquel elle se rapporte. Dans ce cas, ci-joint s’accorde en genre et en nombre.

Ne communiquez à personne mon adresse ci-jointe.

La photo ci-jointe est une pièce de collection.

Vous devez remplir les formulaires ci-joints.

 

Lorsque ci-joint est attribut du sujet

Ci-joint peut prendre la valeur d’attribut du sujet. Cela signifie qu’il exprime une manière d’être ou une qualité qui se rapporte au sujet. L’attribut du sujet est attaché à celui-ci par un verbe d’état : être, sembler, rester, demeurer, paraître, etc. Vous ne pouvez pas supprimer un attribut du sujet, sinon, votre phrase n’a plus de sens.

Lorsque ci-joint est un attribut du sujet, il s’accorde en genre et en nombre.

Votre lettre est ci-jointe.

 

Lorsque l’accord ci-joint n’est pas fixé

Il arrive que vous ayez le choix d’écrire ci-joint de différentes manières. C’est le cas lorsqu’il est employé devant un nom précédé par un article ou tout autre déterminant numéral ou possessif.

Dans cas, vous pouvez ou non accorder ci-joint.

1 – Vous trouverez ci-jointe la photo que vous m’avez réclamée.

2 – Vous trouverez ci-joint la photo que vous m’avez réclamée.

Dans le premier cas, « jointe » se rapporte à l’article « ci ». Dans le second cas, « joint » fait lui-même office d’article. Vous choisissez l’orthographe que vous préférez.

Historiquement, ci-joint s’accordait dans ce cas. L’influence du langage administratif et la tendance à l’invariabilité, autant qu’au laisser-aller, ont engendré cette tolérance qui permet de ne pas accorder ci-joint et de ne pas considérer la formule comme fautive.