Malgré ou malgré que ?

Malgré ou malgré que ?

Faut-il dire malgré ou malgré que ? On entend tout et son contraire à ce sujet. Le verdict est pourtant sans appel : les deux expressions sont correctes selon l’Académie Française.

Cependant, dans l’immense majorité des cas, malgré est la formule à utiliser.

 

Malgré définition

Malgré est une préposition invariable datant du XIIIe siècle, composée de l’adjectif mal et du substantif masculin gré.

1.      Malgré dans le sens contre le gré

 

Elle a décidé de partir vivre en Islande, malgré la volonté de ses parents.

 

2.      Malgré dans le sens en dépit de ou nonobstant

 

Malgré la pluie, il est parti en randonnée.

Je persiste à lui accorder ma confiance malgré tout.

 

L’orthographe de malgré

Malgré étant invariable, il ne s’accorde jamais en nombre ou en genre. Il ne prend donc jamais de S, E ou ES comme terminaison.

Cela vaut pour l’expression « les malgré-nous » qui désigne les Alsaciens et les Mosellans qui furent incorporés de force dans l’armée régulière allemande, durant la deuxième guerre mondiale.

Les malgré-nous se sont retrouvés à combattre dans l’armée de terre (Heer), l’armée de l’air (Luftwaffe), la marine (Kriegsmarine) ou la branche armée des SS (Waffen-SS). Ils furent forcés de prendre les armes contre les ennemis de l’Allemagne, y compris les Français bien sûr.

Les malgré-elles – les Alsaciennes et les Mosellanes – étaient pour leur part incorporées de force dans l’armée, mais aussi dans les usines, ou bien là où les Allemands avaient besoin de main d’œuvre.

Alors, malgré ou malgré que ?

Comme le montrent les exemples ci-dessus, point de que !

Et pourtant ! Malgré que s’utilise dans une langue soutenue, le plus souvent écrite et non parlée. Il s’agit dans ce cas d’une locution conjonctive utilisée avec le verbe avoir conjugué au subjonctif.

Elle signifie : quelque mauvais gré que j’en aie, si mauvais gré que j’en aie, contre mon gré, mon désir ou ma volonté.

 

Il ne put cacher sa déception, malgré qu’il en eût.

 

Cette formulation paraît quelque peu bancale, et pourtant, elle est correcte. Cependant, comme le conseille l’Académie Française, il est recommandé d’éviter d’utiliser malgré que dans le sens quoique ou bien que.

 

Utilisez toujours malgré, quoique et bien que, vous êtes sûr de ne pas vous tromper.

 

Notez que quoique s’écrit en un seul mot. Je reviendrai plus tard sur la différence entre quoique et quoi que en deux mots.

Majuscules et capitales : faut-il les accentuer ?

Majuscules et capitales : faut-il les accentuer ?

L’accent sur majuscules ? Oui !

Les majuscules (en début de phrase) ou les capitales (lorsque vous écrivez tout le texte en lettres bâton) doivent être accentuées

Peut-être vous a-t-on appris le contraire à l’école, cependant, l’Académie Française qui demeure la référence pour les règles de la langue française, est formelle :

« En français, l’accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur. » 

Ne pensez pas que ce soit anecdotique ! Par exemple :

« DRAME DANS UNE CLINIQUE : UN INFIRMIER TUE ! »

A-t-il tué ou a-t-il été tué ?

Vous saisissez les majuscules accentuées en accédant aux caractères spéciaux de votre clavier ou en utilisant les raccourcis clavier.

N’écrivez pas en capitales – sauf pour mettre un mot en exergue – c’est le mode de l’écriture informatique pour exprimer un mécontentement et pour crier.

N’abusez pas des majuscules et ne les utilisez que lorsqu’elles sont justifiées.

Être « près de » ou « prêt à » ?

Être « près de » ou « prêt à » ?

Être « près de » ou « prêt à »

Il est fondamental de différencier l’utilisation de « près de » et « prêt à », car la signification n’est pas la même et mélanger les deux constitue une faute de français.

Si vous êtes « prête » ou « prêt », cela signifie que vous êtes préparé et disposé à faire quelque chose. Cet adjectif s’accorde au masculin, féminin, singulier et pluriel. Il doit impérativement être suivi de la préposition « à ».

Par exemple : « Je suis prête à travailler beaucoup pour obtenir mon diplôme ».

Si vous êtes « près de », cela signifie que vous êtes sur le point de passer à l’acte ou que vous êtes proche de quelque chose. « Près » est une préposition invariable qui est toujours suivie par « de ».

Par exemple : « Je suis près d’obtenir mon diplôme, il ne me reste plus qu’une matière à valider ».

Il ne faut jamais dire ou écrire : « Je suis prête d’obtenir mon diplôme », car cela n’a aucun sens aujourd’hui. En effet, comme nous le précise l’Académie Française, avant la fin du XVIIIe siècle, l’adjectif « prêt » pouvait se construire avec la préposition « de ».

L’académie cite des exemples, et non des moindres, avec Chateaubriand ou La Fontaine. Mais, elle est formelle : désormais ces formules sont considérées comme incorrectes.

Je citerai comme moyen mnémotechnique une phrase en hommage à mon père qui racontait son expérience d’écolier chez les Jésuites dans les années 30. L’un de ses professeurs avait pour habitude de les rappeler à l’ordre lorsque le cours approchait de la fin, alors que certains avaient déjà discrètement bouclé leur cartable :

« Vous êtes prêts à partir, mais vous n’êtes pas près de partir ! ».