Majuscules et capitales : faut-il les accentuer ?

Majuscules et capitales : faut-il les accentuer ?

L’accent sur majuscules ? Oui !

Les majuscules (en début de phrase) ou les capitales (lorsque vous écrivez tout le texte en lettres bâton) doivent être accentuées

Peut-être vous a-t-on appris le contraire à l’école, cependant, l’Académie Française qui demeure la référence pour les règles de la langue française, est formelle :

« En français, l’accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur. » 

Ne pensez pas que ce soit anecdotique ! Par exemple :

« DRAME DANS UNE CLINIQUE : UN INFIRMIER TUE ! »

A-t-il tué ou a-t-il été tué ?

Vous saisissez les majuscules accentuées en accédant aux caractères spéciaux de votre clavier ou en utilisant les raccourcis clavier.

N’écrivez pas en capitales – sauf pour mettre un mot en exergue – c’est le mode de l’écriture informatique pour exprimer un mécontentement et pour crier.

N’abusez pas des majuscules et ne les utilisez que lorsqu’elles sont justifiées.

Être « près de » ou « prêt à » ?

Être « près de » ou « prêt à » ?

Être « près de » ou « prêt à »

Il est fondamental de différencier l’utilisation de « près de » et « prêt à », car la signification n’est pas la même et mélanger les deux constitue une faute de français.

Si vous êtes « prête » ou « prêt », cela signifie que vous êtes préparé et disposé à faire quelque chose. Cet adjectif s’accorde au masculin, féminin, singulier et pluriel. Il doit impérativement être suivi de la préposition « à ».

Par exemple : « Je suis prête à travailler beaucoup pour obtenir mon diplôme ».

Si vous êtes « près de », cela signifie que vous êtes sur le point de passer à l’acte ou que vous êtes proche de quelque chose. « Près » est une préposition invariable qui est toujours suivie par « de ».

Par exemple : « Je suis près d’obtenir mon diplôme, il ne me reste plus qu’une matière à valider ».

Il ne faut jamais dire ou écrire : « Je suis prête d’obtenir mon diplôme », car cela n’a aucun sens aujourd’hui. En effet, comme nous le précise l’Académie Française, avant la fin du XVIIIe siècle, l’adjectif « prêt » pouvait se construire avec la préposition « de ».

L’académie cite des exemples, et non des moindres, avec Chateaubriand ou La Fontaine. Mais, elle est formelle : désormais ces formules sont considérées comme incorrectes.

Je citerai comme moyen mnémotechnique une phrase en hommage à mon père qui racontait son expérience d’écolier chez les Jésuites dans les années 30. L’un de ses professeurs avait pour habitude de les rappeler à l’ordre lorsque le cours approchait de la fin, alors que certains avaient déjà discrètement bouclé leur cartable :

« Vous êtes prêts à partir, mais vous n’êtes pas près de partir ! ».

Les pléonasmes : au jour d’aujourd’hui

Les pléonasmes : au jour d’aujourd’hui

Dans la série des pléonasmes, s’il ne fallait en citer qu’un, ce serait celui-ci : Au jour d’aujourd’hui, tant cette expression grignote chaque jour des « parts de marché » !

Cette locution s’est d’abord fait remarquer au détour de conversations anodines. Elle s’est ensuite insidieusement invitée un peu partout, jusqu’à s’imposer dans les colonnes des articles de presse, utilisée par des gens dont on pourrait exiger qu’ils respectent a minima la langue française…

Désormais, Au jour d’aujourd’hui a colonisé toutes les strates de la société française. Nos « zélites » qui causent dans le poste de radio ou de télévision, usent et abusent de cette expression absurde, convaincus qu’ils sont que, plus ils utilisent de mots, plus ils impressionnent le bas peuple. Malheureusement pour eux, cette formule doublement pléonastique met en lumière leur suffisance, doublée de leur ignorance.

 

Pourquoi doublement pléonastique ?

 

Né au XIsiècle, hui – mot d’ancien français signifiant « en ce jour » – se suffisait à lui-même. Il descendait du latin hodie, lui-même contraction de hoc die. Son cousin espagnol se nommait hoy, et son autre cousin italien oggi.

Que s’est-il donc passé ? Hui avait-il des complexes d’infériorité à cause de sa petite taille ? Pourtant, hoy n’était pas plus long ! Toujours est-il que huy se mua en aujourd’hui, soit « au jour de ce jour ».

Et c’est ainsi que ce pléonasme fit son entrée dans la langue française et y demeura.

Nul n’explique l’apparition de l’expression Au jour d’aujourd’hui qui signifie donc « au jour du jour de ce jour », mais on ne peut que déplorer sa prolifération.

Comme l’indique l’Académie Française, on peut utiliser Aujourd’hui ou Ce jour, ou, si l’on souhaite proposer une formule plus originale, mais juste, il est possible de recourir à la tournure ancienne Ce jour d’hui.

 

Mais Au jour d’aujourd’hui, jamais !